Passage De Relais Entre Everts Et Pourcel
16-17 SEPTEMBRE A ERNEE (MAYENNE)


CHAMPIONNATS DU MONDE DE MOTOCROSS - Esprit-Racing
CHAMPIONNATS DU MONDE DE MOTOCROSS Photo : Esprit-Racing


PASSAGE DE RELAIS ENTRE EVERTS ET POURCEL

Une nouvelle grande page de l’histoire du Moto Club d’Ernée va se tourner le 17 Septembre prochain, et il ne fait guère de doute que cette journée restera « historique » pour le club Mayennais qui va pouvoir fêter deux grands champions à l’occasion de cette finale des Championnats du Monde 2006.

Le légendaire Belge Stefan Everts détenteur de dix titres mondiaux tirera en effet sa révérence, alors que le jeune Français Christophe Pourcel devrait lui coiffer sa première couronne mondiale à l’issue d’une saison exceptionnelle



L’incroyable parcours de Stefan Everts
Même s’il a baigné dès sa plus tendre enfance dans le monde de la moto, par la « faute » de son père Harry sacré à trois reprises Champion du Monde de Motocross, rien ne prédestinait Stefan Everts à effectuer une aussi belle carrière.

Certes, avoir un père aussi célèbre aide, puisque dès son premier Grand Prix (Italie, 1989) Stefan chevauchait une Suzuki « usine » avec laquelle il n’allait guère tarder à faire ses classes.

Quinzième du Mondial 125, puis troisième la saison suivante, il montait encore en puissance l’année suivante (1991) qui le voyait signer ses premiers succès en GP et décrocher son premier titre mondial !

La machine était lancée, mais pourtant Stefan « piétina » quelques temps en passant de suite dans la catégorie supérieure et en allant même s’essayer en Supercross aux Etats Unis.

Sérieusement blessé au départ du GP d’Allemagne 92, il buttera ensuite sur Greg Albertijn qui le devancera à deux reprises dans la course au titre mondial, en 93 et 94.

Passé entre temps chez Kawasaki, c’est chez les verts qu’il décrochera son second titre mondial au soir de la finale disputée à Château du Loir dans la Sarthe.

Changeant d’équipe et rejoignant les rangs de Honda, il enchaînera avec deux nouveaux titres mondiaux et deviendra l’homme à battre comme l’atteste sa superbe saison 97 : seize victoires de manches sur trente courues, neuf GP remportés sur quinze !

La machine va malheureusement s’enrayer l’année suivante, puisqu’à l’issue d’une formidable duel durant jusqu’à l’ultime manche de l’année c’est Sébastien Tortelli qui le détrône lors d’une homérique finale en Grèce !

Pour Stefan, c’est le début d’une très mauvaise passe marquée par deux graves blessures (99 puis 2000, lors de l’épreuve de Beaucaire qui ouvrait la saison internationale), un transfert raté chez Husqvarna puis la fuite de son manager avec une partie de ses biens !

Certains ne s’en seraient jamais relevés, mais Everts s’est remis à l’ouvrage avec son ardeur légendaire pour se reconstruire. Signant avec Michele Rinaldi pour rejoindre l’équipe Yamaha, il va alors relever d’incroyables défis qu’il remportera tous !

Successivement sacré Champion du Monde en 2001, 2002, 2003, 2004, 2005 et enfin 2006 (depuis le Grand Prix de Belgique), il aura au cours de sa carrière remporté dix titres mondiaux, cent Grands Prix (le centième étant le dernier couru, aux Pays Bas), cinq éditions du Motocross des Nations, les Six Jours d’Enduro au Brésil et signé une performance historique en remportant lors de la finale des Mondiaux 2003, à Ernée précisément, les GP 125, MXGP et 650 !

Autant dire que c’est véritablement un « monstre sacré » de la discipline qui va tirer sa révérence à Ernée, et que ces records risquent bien de ne jamais être battus.

« Il m’aura fallu dix huit années d’efforts pour bâtir ce palmarès, et j’en suis fier. Certains s’étonnent de me voir quitter la compétition alors que je gagne des courses et vient d’être titré, mais je m’étais promis de raccrocher au sommet de mon art.

C’est toujours difficile pour un sportif de faire la bon choix en la matière, mais je reste persuadé que cette décision, que j’ai pris il y a maintenant plus d’un an, était la meilleur que je n’ai jamais pris. Faire un sport à haut niveau exige des sacrifices quotidiens, et à bientôt 34 ans j‘ai envie de profiter de la vie et de ma petite famille.

Depuis la naissance de mon fils Liam il y a deux ans ma vie n’est plus la même, et avec ma compagne Kelly nous entendons agrandir prochainement la famille.

Le plus dur, finalement, va être de gérer la transition. Jusqu’à aujourd’hui ma vie était réglée d’avance, je savais ce que je devais faire quasiment chaque jour en vue des courses qui s’enchaînent.

Demain je n’aurais plus ces objectifs, mais d’ici quelques semaines j’en saurais plus sur mon avenir, » confie Stefan qui va vraisemblablement rester dans le milieu, en prenant toutefois un peu de recul.

Yamaha et Acerbis, deux de ses actuels sponsors devraient poursuivre sous une autre forme leur collaboration avec lui, alors que le groupe Ibérique Intur Sport, propriétaire de nombreux hôtels en Espagne, va vraisemblablement s’associer avec lui pour développer les écoles de pilotages qu’anime déjà son père Harry.



La jeunesse de Christophe Pourcel
Face aux cent succès et aux dix titres d’Everts, le palmarès de Christophe Pourcel apparaît bien mince, avec deux succès et zéro titre.

Ne vous y trompez pourtant pas, ce jeune – qui n’aura jamais le même palmarès – est un surdoué, dont on reparlera dans les années à venir !

Si Stefan va fêter ses 34 ans en novembre prochain, Christophe vient lui de souffler ses 18 bougies il y a moins d’un mois.

A son âge Stefan était toujours en quête de son premier succès (de manche ou de GP) et se dirigeait vers la troisième marche du mondial au terme de sa seconde saison en Mondial. Christophe compte lui deux succès en GP, alors qu’il ne dispute que sa seconde saison complète à ce niveau.

Titré à de multiples reprises en 60cc puis en 80cc, le sudiste est arrivé en GP au beau milieu de la saison 2004, quelques mois après s’être fracturé les deux poignets en s’entraînant sur sa piste de Supercross.

Faisant sa première apparition lors du GP de France à St Jean d’Angely, Christophe se qualifia et marqua des points à toutes les épreuves au guidon de sa petite 125 deux temps.

Passé en 250 quatre temps l’an passé, il fut élu « rookie » de l’année après une superbe saison le voyant gagner sa première manche de mondial, puis se classer cinquième du championnat à tout juste 17 ans.

Débutant sa saison dans l’ombre de Rattray, De Reuver et Cairoli, Christophe est monté en puissance au fil des courses pour prendre la tête du mondial au Japon le 21 mai.

Depuis il n’a jamais quitté cette place de leader, contrôlant les assauts de ses rivaux qui se sont tous cassés les dents sur son petit gabarit ! Souvent comparé à Jean Michel Bayle, Christophe mène sa barque et sa carrière sans trop se soucier de ce qui se dit.

« Certains me comparent à JMB, mais je ne l’ai jamais vu rouler en vrai ou en video. Je suis Christophe Pourcel, et je n’aspire pas à ressembler à qui que ce soit.

Depuis le début de saison ma ligne de conduite est d’être aussi près que possible du podium à chaque épreuve, car la régularité a toujours payé sur l’ensemble d’un championnat. Il est évident que je veux aussi gagner des courses, mais je ne prendrais pas de risques inutiles si cela n’est pas nécessaire.

Certains de mes rivaux voient les choses différemment, mais je ne m’en occupe pas plus que cela et les évènements semblent me donner raison, » analyse sereinement le leader du championnat.

Il n’a que dix huit ans, mais possède un mental de fer qui devrait le mener loin. Et pour aller affronter les Américains dès 2008, ce mental sera un précieux atout !

CP : Pascal Haudiquert / MediaCross




Mis en ligne le 13/09/2006 : par Webteam