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ESPRIT-RACING.COM | 16.10.12 | 20:23 • Mis à jour le 16.10.12 | 20:24 ESPRIT-RACING.COM | 16.10.12 | 20:23 • Mis à jour le 16.10.12 | 20:24


Nous voici à la finale française du championnat à Magny Cours. L'an dernier, j'avais beaucoup apprécié cette ambiance si particulière qui régnait en fin de saison.


Les pilotes français sont sujets à une effervescence qui pimente ce dernier rendez vous. Cette course qui se dispute à la maison devant un public national donne l'envie de bien faire et implique une forte émulation.

De plus, Magny-Cours est mon circuit français préféré. L'année dernière, bien que pigiste, j'avais réalisé des performances très satisfaisantes ... qui s'étaient soldées par une chute sur une traînée d'huile.

Cette épreuve est aussi l'occasion de recroiser des connaissances ou des amis que je n'avais pas salués depuis l'année dernière. Nous avons alors pu partager nos expériences communes.

Bref, que du bonheur.


La plupart des titres se jouaient ce week-end et notamment celui de ma catégorie entre l'italien Riccardo RUSSO et le néerlandais Michael VAN DER MARK. Les enjeux étaient donc considérables pour les leaders mais aussi pour les autres pilotes qui ont toujours à cœur de conclure la saison en beauté pour leur ego certes, mais aussi surtout pour assurer leur avenir en compétition.

La première séance du vendredi matin fut inutile car il avait plu toute la nuit et les conditions de piste n'allaient pas refléter la météo du reste du week-end. J'ai préféré ne pas rouler dans des conditions précaires. Inutile de chuter et compromettre ainsi la suite des événements.
L'intervalle temps entre la première et la seconde séance d'essais est d'à peine 3 heures. Reconstruire une moto et réparer des bobos dans un laps de temps aussi court n'est pas toujours évident. Nous jouons donc la carte de la prudence.

Lors de cette séance, j'ai repris en main ma moto que je n'avais pas piloté depuis près d'un mois. J'ai éprouvé de nombreuses difficultés à bien me concentrer dans la première partie de la qualification. Mais j'ai pu correctement améliorer mes chronos en fin de séance. Je suis cependant éloigné du niveau dans lequel j'évoluais l'année dernière puisque je suis 21ème à l'issue de la séance. Ceci est dû au fait que je n'arrive pas à mettre du rythme dans les changements d'angle des nombreuses chicanes du circuit. Nous réfléchissons alors à des solutions techniques qui m'aideraient à atténuer ce handicap. Je suis conscient qu'il ne me reste qu'une séance d'essais avant la course et je ne puis me tromper dans l'orientation des réglages.

Lors de cette séance d'essais du samedi, j'ai encore amélioré mes chronos mais pas assez pour progresser dans la hiérarchie. A l'issue de la session, je suis classé à la 23ème position. Je suis extrêmement déçu car tout comme hier je ne me suis pas ménagé sur la moto. Pourtant je me rends compte lors de nombreuses phases de pilotage, que malgré tous mes efforts sur la moto, j'ai tendance à m'écarter du point de corde à l'entrée Je dois aussi aborder moins vite les virages afin d'inscrire une trajectoire correcte à l'accélération. De la même manière, il m'est impossible de réaliser des changements d'angle aussi rapides que mes concurrents. Les réglages apportés à la moto ne m'ont pas permis de réduire l'écart en terme d'exécution. Mes chronos sont d'ailleurs bien moins bons que ceux de l'année dernière.

Je me prépare néanmoins pour la course dans l'optique de donner le meilleur de moi, même si je sais que le coup d'éclat sera encore une fois impossible compte-tenu de mon niveau de performance aux essais.

Mes amis DELRIEUX de chez COLORLINE, me font la surprise d'habiller ma moto, d'une magnifique livrée noire et orange. Ma machine est superbe et fait la joie des photographes du paddock.

Malgré ma capacité à réaliser de bons départs depuis le milieu de saison, je suis tendu sur la grille  par la motivation et l'envie de bien faire. Ma sœur Catherine et mon ami Renaud RUPERT tentent de me décontracter

Je réalise un bon envol et me faufile tout de suite dans le peloton pour doubler quelques pilotes dans les premiers virages Nous arrivons dans la ligne droite d'Adélaïde qui commande l'épingle du même nom. Ce virage est toujours une épreuve de force car elle génère au premier tour, un véritable goulot d'étranglement pour les 35 pilotes qui s'y présentent en horde furieuse. Les accrochages y  sont fréquents. Je double de nombreux pilotes au freinage et prends le virage à l'extérieur car les autres pilotes à l'intérieur bouchonnent le reste du paquet. Malheur et damnation, je découvre alors au dernier moment une machine et son pilote au sol. Je réussis à les éviter mais ma manœuvre m'a considérablement ralenti. Je ré accélère à fond avec beaucoup d'angle, la roue avant se lève et se repose immédiatement alors que je suis encore très anglé.

Je perds l'adhérence à l'avant et tombe. Je relève instantanément la moto mais elle est trop abîmée pour continuer la course et je suis contraint d'abandonner. Quelle déception ! Je rejoins ma mère qui était en bord de piste et nous évacuons la pression dans les bras l'un de l'autre. Ma course s'est terminée dans le même virage que l'année dernière et c'est la même amertume que je ressens alors que je rentre au paddock, seul regarder la fin de la course à la télé .Cette dernière course fut à l'image de l'ensemble de la saison. Beaucoup de travail et d'efforts ont été consentis et les résultats furent décevants. Ce sont des situations difficiles à surmonter dans le sport mais grâce à mon entourage, j'ai la possibilité de relativiser la gravité du problème. Cette année, j'ai pu découvrir de nombreux circuits européens et être confronté à une catégorie très relevée dans un championnat international. L'expérience fut très enrichissante et a grandement participé à la construction de ma personne et de mon mental, malgré les difficultés et les déceptions rencontrées.

Je tenais à remercier toute mon équipe : Fred PROTAT, Alain DENISOFF, Alain CANEPARO et surtout mon pilier affectif : mon père. La Fédération Française, FP RACING, DENISOFF RACING TEAM et mes sponsors m'ont permis, cette année, de vivre une expérience unique. Je leur en sais gré. Quel plaisir que ces amis et connaissances qui se sont déplacés physiquement pour me suivre sur les circuits européens. Merci à ma sœur Catherine qui fût comme à son habitude, une chouette umbrella girl, à Catherine SAUTIER qui a bien pleuré au bord de la piste, à Jean-Pierre FOREST mon Président de Ligue, à Fabien et Guy DELRIEUX, à Renaud RUPERT, à Nico ROUSSEL.

J'ai une pensée particulière pour Marie Line et Stéfano RADO. Cela fait des années qu'ils étaient impliqués étroitement dans mon programme sportif. Cet été, le crabe qui pinçait cruellement Stéfano a eu raison de sa résistance et de sa volonté. Nous avons perdu un ami et un grand fan de moto.



Richard de Tournay






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